HORS D'UNE LUTTE MASSIVE ET RESOLUE, POINT DE SALUT POUR LES TRAVAILLEURS !

Second tour des municipales ; mise en scène gouvernementale autour de la transition écologique ; remaniement ministériel en vue ; attente d’une énième prise de parole de Macron… le ronron politicien reprend.

Mais l’important est ce qui se passe sur les lieux de travail, car avec les suppressions d’emplois et les fermetures d’entreprises, la bourgeoisie est en train de détruire les conditions d’existence de centaines de milliers de travailleurs.

La catastrophe sanitaire n’a été qu’un intermède pour la bourgeoisie. Au lieu des 60 milliards de dividendes prévus, les actionnaires en ont touché 40 ! Ceux qui ont été privés de versement sont priés d’attendre un an. Quand on est multimillionnaire, ce n’est certainement pas le bout du monde !

Alors oui, il y a la crise économique. Mais les profits et les grandes fortunes n’ont pas disparu. Et la bourgeoisie a de quoi se sentir soutenue : avec 15 milliards pour l’aéronautique, 8 milliards pour l’automobile et 18 pour le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, l’État a déployé les grands moyens. Eh bien, cela n’empêche rien : la bourgeoisie impose de nouveaux sacrifices aux travailleurs et planifie des milliers de licenciements !

Dans les secteurs où la rentabilité est compromise, elle retire purement et simplement ses capitaux et met l’entreprise en faillite. Là où il y a moins d’activité, elle supprime des emplois. Là où l’avenir est incertain, elle renvoie les CDD et les intérimaires et se débarrasse des prestataires. Les travailleurs ne sont pas mieux considérés que les machines que l’on branche, débranche et déplace au gré des perspectives de profits. Qu’ils aient besoin d’un emploi pour vivre n’entre même pas en ligne de compte !

Même gavée de milliards par le gouvernement, même à la tête de fortunes immenses, la classe capitaliste sera sans pitié pour les travailleurs. Pour accumuler plus de profits dans cette période de crise, elle exploitera davantage les uns et licenciera les autres. Pour assurer sa prospérité, elle appauvrira toute la population laborieuse. Car il ne s’agit pas seulement des salariés, mais aussi des petits commerçants, artisans, paysans dont les revenus dépendent du pouvoir d’achat ouvrier. C’est une déclaration de guerre à ceux qui ne peuvent vivre qu’en travaillant.

Si les travailleurs ne se défendent pas pour préserver leurs conditions d’existence, des millions de nouvelles familles sombreront dans la précarité et la misère.

Les travailleurs n’ont ni capitaux ni cours boursiers à préserver. Ils n’ont que leur emploi et leur salaire. C’est ce qu’ils ont d’essentiel à sauver dans cette crise. Alors, loin du cinéma politicien et des promesses démagogiques, l’essentiel est la capacité des travailleurs à répondre aux coups. Il n’y a point de salut pour les travailleurs, hors d’une lutte collective et déterminée. Celle-ci peut s’engager à partir d’objectifs simples et unificateurs.

Face à l’effondrement de l’activité, il faut répartir le travail entre tous les salariés, qu’ils soient en CDI, en CDD, intérimaires ou salariés de la sous-traitance. Si l’activité est réduite, les cadences doivent baisser et le temps de travail doit être réduit, et les salaires maintenus intégralement en prenant sur les profits.

Face à la stratégie patronale d’opposer les travailleurs ou les sites en surchargeant d’activité les uns et en mettant les autres au chômage, il faut imposer de travailler moins pour travailler tous ! Pas un ouvrier, pas un employé, pas un intérimaire ou un contractuel ne doit être chassé de son poste de travail ni privé de son salaire !

Pour résorber le chômage, il faut créer massivement des emplois. L’épidémie de Covid-19 a mis en évidence le manque de personnel dans les hôpitaux. Pour qu’ils ne soient pas débordés, il a fallu des milliers de volontaires ! Les besoins sont tout aussi flagrants pour soigner les personnes dépendantes, pour l’éducation et la petite enfance, pour les transports ou pour la Poste.

Ces milliers d’emplois ne sont pas créés, car la bourgeoisie s’y oppose, comme elle s’oppose à toutes les dépenses publiques qui ne lui sont d’aucun profit. Mais les hôpitaux ou les Ehpad n’ont pas à être rentables financièrement. Ils ont à assurer tous les soins dont chacun, riche ou pauvre, a besoin ! Alors, il faut se battre pour créer ces emplois. Ceux-ci n'ont pas à générer de profits privés, leur utilité publique suffit à les justifier !

À la logique de rentabilité et de performance de la bourgeoisie, les travailleurs ont à opposer la leur : des emplois, des augmentations de salaire et un contrôle ouvrier sur les agissements du grand patronat qui nous mène de crise en crise !

TRAVAILLEURS, SAUVONS-NOUS NOUS-MEMES !

Le déconfinement se fera-t-il le 11 mai ? Les écoles rouvriront-elles ? Retrouverons-nous notre liberté de mouvement ? À une semaine de l’échéance, le gouvernement est incapable de l’assurer. On se demande d’ailleurs bien ce qu’il est capable de faire !

Les hôpitaux et la chaîne de soins ont fait face à la première vague de l’épidémie grâce à la conscience professionnelle et au dévouement des personnels. Mais pour ce qui dépend de l’État, on ne voit qu’incurie, mensonges et improvisation.

La semaine dernière, le gouvernement a même réussi l’exploit de publier une carte du déconfinement truffée d’erreurs, alors qu’il ne s’agissait que d’établir l’état des lieux département par département !

Il y a une semaine, le mot d’ordre était « dépister, tracer et isoler ». Les autorités sanitaires en sont toujours incapables. Le ministre de la Santé visait 700 000 tests par semaine à partir du 11 mai. Où en sommes-nous ? À 150 000 ? 250 000 ? Impossible de le savoir car les tests effectués sur le terrain ne sont pas centralisés et comptabilisés.

Quant à la gestion des masques, elle est révoltante. Pour nier la pénurie, le gouvernement a d’abord menti sur leur utilité. Et les voilà devenus obligatoires dans les transports en commun. Obligatoires et… payants ! Encore une fois, pour la population, ce sera : « Débrouillez-vous ! »

Irresponsabilité vis-à-vis de la société et mépris pour les plus pauvres, voilà comment le gouvernement gère cette crise. Et on peut en dire autant de la bourgeoisie et de ceux qui dirigent les grands groupes industriels et financiers. Et pour eux, il ne s’agit ni d’incompétence ni d’impuissance techniques. On le voit avec les enseignes de la grande distribution qui vendent maintenant des masques chirurgicaux.

Après avoir lancé leurs commandes il y a une douzaine de jours, elles annoncent déjà disposer de 400 millions de masques. Dans la guerre des masques, elles battent l’État à plate couture !

Mais quand ces masques étaient une question de vie et de mort pour les soignants et les salariés envoyés au front, alors que des centaines de milliers de femmes et d’hommes s’organisaient pour en fabriquer avec leurs moyens artisanaux, ces enseignes n’ont pas bougé le petit doigt. Elles se réveillent maintenant, pour en tirer profit !

Ce drame sanitaire montre la faillite des classes dirigeantes. Il faut donc être conscient que notre vie et l’avenir de la société dépendent de nous-mêmes, de notre monde, celui des travailleurs.

L’épidémie de coronavirus nous plonge dans une situation inconnue sur les plans sanitaire et économique. Mais une chose ne change pas : le grand patronat raisonne et agit pour les actionnaires, pour les intérêts d’une mince couche de privilégiés qui s’enrichit sur notre dos. Et toute la politique du gouvernement consiste à le soutenir. Alors, la première des choses est de ne pas faire confiance à tous ces dirigeants.

Même dans les entreprises où de beaux protocoles sanitaires existent, il revient aux salariés eux-mêmes, à partir de la réalité de leurs postes de travail, des cadences et des pressions à la productivité, d’imposer les conditions de sécurité qu’ils jugent nécessaires. Même les consignes édictées par le gouvernement ne seront appliquées que si les travailleurs les font respecter. Nous travaillons pour gagner notre vie, pas pour la perdre, alors il faut imposer le contrôle ouvrier sur nos conditions de travail !

Derrière la lutte contre le coronavirus, la lutte de classe continue : vol de congés payés et de RTT, renvoi d’intérimaires et de sous-traitants. Et ce n’est là que le début, cette lutte va s’exacerber au fur et à mesure que la crise économique s’aggravera.

Les grands groupes qui vont toucher des millions, voire des milliards de la part de l’État au nom de la sauvegarde des emplois, vont en supprimer des milliers. Airbus, Air France, Safran ou la SNCF ne le cachent pas. Mais combien d’autres sont en préparation ?

Il faut être conscient de ce qui nous attend pour y faire face. Car les travailleurs aussi peuvent écrire l’histoire. Dans cette crise sanitaire, ils ont fait preuve d’initiatives, de dévouement et d’esprit collectif. La bourgeoisie et son gouvernement ont fait la démonstration inverse.

Il n’y a pas à accepter qu’une couche sociale privilégiée dont les intérêts sont aux antipodes de la société dicte sa loi. L’écrasante majorité de la population a intérêt à ce que les travailleurs prennent la direction de la société. C’est forts de cette conscience que nous pourrons combattre efficacement pour sauver nos emplois et nos salaires et aller jusqu’à changer le monde.

UNE CLASSE DIRIGEANTE ET UN SYSTEME SOCIAL A RENVERSER !

Dimanche, le Premier ministre a introduit son long satisfecit en déclarant : « Nous avons réussi le confinement ensemble, nous allons ensemble réussir le déconfinement ». De qui se moque-t-il ?

Les soignants ont été envoyés au front sans armes ni munitions pendant de longues semaines. Le personnel des Ehpad et les aides à domicile restent, pour la plupart, livrés à eux-mêmes. Les salariés qui ont continué de travailler le font souvent sans les protections élémentaires.

Quant au confinement, il plonge des millions de familles populaires dans des difficultés matérielles, financières et psychologiques insupportables. Il ne reproduit pas seulement les inégalités sociales, il les creuse. Les plus précaires ont tout simplement perdu leur gagne-pain. Les autres voient leur salaire amputé de 200 à 300 € suite au chômage partiel, alors que leurs dépenses augmentent du fait, notamment, de la fermeture des cantines. Le gouvernement se targue d’aider les plus démunis, mais le fait est que les files s’allongent devant les restos du cœur ou le Secours populaire !

Alors oui, les inégalités s’aggravent, y compris sur le plan scolaire où beaucoup d’enfants ont décroché. Macron et Blanquer prétendent que l’école rouvrira le 11 mai pour les pallier. Là encore, ils nous mentent : cette décision a été arrachée par le grand patronat de façon à ce que les salariés soient libérés pour retourner se faire exploiter.

Philippe présente le confinement comme une « stratégie » réfléchie. Mais il navigue à vue depuis le début de la crise. Cette gestion erratique n’est pas uniquement due aux nombreuses inconnues soulevées par ce nouveau virus. Elle résulte aussi des pressions du grand patronat pour que la production reprenne au plus vite et elle est amplifiée par des décennies d’abandon des hôpitaux sacrifiés à la course à la rentabilité et la financiarisation.

Si le confinement dure, c’est que l’État est incapable de dépister en masse pour isoler les malades et casser les chaînes de transmission. Comme il est incapable, au bout de trois mois de crise, de fournir les masques, les surblouses et les gants en quantité nécessaires.

Cette crise sanitaire révèle la faillite de toute notre organisation sociale et l’irresponsabilité de la bourgeoisie qui la dirige. Le grand patronat dispose des moyens industriels et des compétences pour produire ce dont on manque. Il emploie des ingénieurs habitués à résoudre des problèmes autrement plus complexes que de fabriquer des masques et des écouvillons pour les tests ! Il sait où trouver fournisseurs et matières premières. S’il en avait la volonté, il accélèrerait les choses.

Eh bien non ! Les travailleurs, les exploités, « ceux qui ne sont rien » d’après Macron, démontrent tous les jours qu’ils savent se dévouer pour la collectivité. La bourgeoisie fait la démonstration inverse. Même en pleine épidémie, elle est aveuglée par ses intérêts égoïstes, ses parts de marchés et ses cours boursiers.

Cette crise sanitaire a déclenché une crise économique sans précédent. Comme pour toutes les crises, la bourgeoisie cherchera à la faire payer aux travailleurs. Elle fait pression depuis des semaines pour que tous les travailleurs reprennent le chemin des usines quoi qu’il en coûte pour leur santé et celle de leur famille.

Dans nombre d’entreprises, elle a réussi à voler des jours de RTT, voire une ou plusieurs semaines de congés payés, alors même que l’État s’est substitué à elle pour payer, avec notre argent, le chômage partiel ! Et plus la crise se prolongera, plus les attaques seront dures.

Certains porte-parole patronaux anticipent déjà des plans de licenciements massifs et calculent le nombre des futurs « morts économiques », comme s’ils étaient tout aussi inévitables que les victimes du Covid. Ils font passer pour la fatalité ce qui n’est rien d’autre que la lutte de classe. Et s’il n’y a pas encore de traitement ni de vaccin contre le virus, les travailleurs ont, eux, le remède contre ces attaques patronales : ce sont les luttes collectives.

Au-delà des combats pour défendre leur vie au jour le jour, les travailleurs ont à se poser le problème de l’organisation sociale dans son ensemble. L’humanité finira par trouver la réponse au défi lancé par ce virus inconnu. Mais dans le cadre du capitalisme, on ne pourra pas éradiquer les maux aussi anciens que la misère et la précarité, le manque de logements, l’abandon des services utiles à la population, sans parler des crises et du sous-développement des pays pauvres.

Il s’agit d’un défi que seuls les travailleurs peuvent relever. Et ils le remporteront s’ils renouent avec le combat des générations anciennes visant à contester cette organisation basée sur l’exploitation et la domination d’une classe sociale.

SAUVER DES VIES, NON LES PROFITS DU CAC40 !

Le gouvernement se veut rassurant et préparerait même le déconfinement. Comme s’il contrôlait la situation ! Mais que gère-t-il ? Les masques ? Il les promet depuis des semaines et ils sont toujours rationnés, même pour les hôpitaux. Il y a quelques jours, il expliquait qu’il était inutile de les généraliser, il conseille maintenant à chacun d’en porter, voire d’en fabriquer !

Et qu’a-t-il fait pour les Ehpad ? Rien, si ce n’est de leur recommander de fonctionner en camp retranché. À eux, donc, de soigner les malades, même si le personnel n’a pas la qualification ! À eux de gérer la fin de vie des pensionnaires qui, faute de lits, ne sont pas admis dans les hôpitaux.

Les lits en réanimation ont été multipliés grâce à la mobilisation des personnels de santé. Avec les effets du confinement, cela a relâché la pression sur les hôpitaux du Grand Est et de l’Ile-de-France. Mais cela ne fait pas le compte. Combien d’opérations importantes déprogrammées ? Combien de personnes en danger parce qu’elles hésitent à venir à l’hôpital, par peur de surcharger l’activité ou de contracter le virus ?

Le confinement est indispensable, mais il est lui-même un aveu d’impuissance. Jamais l’humanité n’a disposé d’autant de moyens pour affronter une épidémie. Depuis la découverte des virus, les connaissances scientifiques et la santé publique ont beaucoup progressé. Grâce aux épidémiologistes, les pouvoirs publics étaient avertis de la menace d’une nouvelle pandémie. Eh bien, même des pays riches comme la France ne s’y sont pas préparés !

Depuis des décennies, les gouvernements qui se succèdent se sont, au contraire, employés à fermer des hôpitaux et des milliers de lits, à réduire et sous-payer le personnel de santé… Même le stockage de masques, qui ne coûtait que 60 millions par an, a été arrêté. À une aide-soignante qui réclamait des moyens, Macron répondait il y a quelques mois : « Il n’y a pas d’argent magique », préférant réserver l’argent public aux grandes fortunes et au CAC40.

Vendredi, le directeur de l’ARS du Grand Est a soulevé un tollé en déclarant maintenir les 174 fermetures de lits au centre hospitalier de Nancy. On découvre ainsi que le gouvernement n’a même pas fait de moratoire sur les fermetures. Et après ça Macron nous dira que rien ne sera jamais plus comme avant !

Il n’y aura pas de changement tant que nous resterons soumis au capitalisme et à la domination de la bourgeoisie qui place ses intérêts au-dessus de tout. Et c’est le cas même en pleine crise sanitaire !

La population laborieuse a déployé des trésors de dévouement et d’initiatives pour apporter des solutions à l’urgence sanitaire. Qu’ont fait les actionnaires, la bourgeoisie, les « premiers de cordée » chers à Macron ?

Qu’il n’y ait toujours pas de plan pour produire masques, blouses et médicaments en quantité est accablant non seulement pour le gouvernement, mais aussi pour la bourgeoisie. On continue de travailler pour envoyer des fusées dans l’espace, mais on est incapable de coudre un bout de tissu à deux élastiques à l’échelle industrielle !

Nombre de salariés, y compris dans la chimie et la pharmacie, sont mobilisés pour des fabrications non urgentes. Nul doute qu’ils seraient prêts à reconvertir des chaînes de fabrication pour produire au plus vite des réactifs, des respirateurs et des tests. Mais la bourgeoisie, elle, reste, obsédée par la poursuite de ses affaires, sa compétitivité et ses parts de marché. Elle n’entend que l’appel des profits. Et, propriété privée des moyens de production oblige, c’est elle qui décide ! Quant à Macron, il lui est trop soumis pour la contraindre à quoi que ce soit.

La crise actuelle jette une lumière crue sur l’irresponsabilité et l’aveuglement de l’organisation capitaliste. Et loin d’avoir suspendu la lutte des classes, elle l’exacerbe. Cette lutte est même devenue une question de vie ou de mort pour les travailleurs. C’est notamment le cas des salariés forcés d’aller travailler, qui doivent se battre au jour le jour pour obtenir des protections élémentaires. C’est aussi le cas de tous ceux que le grand patronat, à l’instar de Michelin, PSA, Renault, Airbus et leur myriade de sous-traitants…, appelle à se déconfiner pour assurer la production de leurs profits !

Eh bien, les travailleurs n’ont pas à mettre leur vie en danger pour les profits des industriels et la pérennité d’un ordre social aussi criminel ! Ils doivent défendre leur droit à la vie et s’organiser pour contester le pouvoir politique et économique de la bourgeoisie dans le but de renverser le capitalisme.

LES TRAVAILLEURS N'ONT PAS A MOURIR POUR LES INDUSTRIELS !

L’épidémie continue de s’étendre. De plus en plus de services de réanimation atteignent leur point de rupture ; le 15 est submergé. Certains Ehpad sont devenus des mouroirs, faisant craindre l’hécatombe. Le personnel soignant nous supplie de respecter le confinement le plus strict. Et à quoi pensent les industriels ? À redémarrer leurs usines au plus vite.

C’est le cas de PSA, Renault, Airbus, Safran qui programment leur montée en charge…Certains se cachent derrière l’alibi de fabriquer quelques respirateurs, la réalité est que ces grands groupes s’ajouteront aux entreprises non vitales, de l’armement aux cosmétiques, qui ne se sont jamais arrêtées. Ils imposeront la remise au travail de milliers de sous-traitants. C’est irresponsable et criminel.

Le rassemblement évangélique de Mulhouse a été le point de bascule de l’épidémie en France. En rouvrant ces usines, le gouvernement et le grand patronat recréent 10, 20, 30 rassemblements du même type, au risque de relancer l’épidémie. Pourquoi ? Pour que les ouvriers continuent de suer des profits pour Dassault ou Peugeot. Et après cela, Macron nous dira que la santé passe avant la recherche des profits !

Depuis le début de l’épidémie, chaque décision gouvernementale est pesée, calculée en fonction des intérêts des capitalistes. Il y a bien un plan d’urgence sanitaire, mais celui-ci ne consiste pas à fabriquer masques, gants, tests, respirateurs et médicaments derrière lesquels courent toujours les personnels de santé après dix semaines de mobilisation. Il ne consiste pas à renforcer et à sécuriser le personnel des Ehpad, ne serait-ce qu’en leur permettant de se tester régulièrement. Il n’organise pas des hébergements pour isoler comme il le faudrait les cas positifs au Covid-19 !

Ce plan de guerre injecte 345 milliards dans l’économie pour assurer la continuité des affaires et rassurer les spéculateurs. Il autorise, au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des semaines de travail de 60 heures et légalise le vol de RTT et de semaines de congés payés à ceux qui sont au chômage technique ou là où l’activité est réduite. Imposer et faire accepter des sacrifices exceptionnels aux travailleurs pour les intérêts de la minorité capitaliste, voilà à quoi servent tous ces discours guerriers !

Comme dans toute guerre, il y a les troupes, la chair à canon, constituées par les travailleurs : les hospitaliers, les ambulanciers, les auxiliaires de vie, les éboueurs, les salariés de la distribution, de l’entretien, des transports, de l’énergie ou les ouvriers de l’agroalimentaire, de la chimie ou de la pharmacie… qui montent au front au péril de leur vie. De l’autre côté, il y a les profiteurs de guerre, les industriels et les banquiers planqués à l’arrière qui cherchent à exploiter la situation.

Pendant que les uns s’échinent à sauver des vies, les actionnaires sont derrière leurs écrans à l’affût du jackpot boursier. Ils s’activent pour sauver leurs profits avec la peau des travailleurs. Eh bien, il faut résister aux pressions et à l’appel aux sacrifices ! Il faut se battre pour que nos vies et nos intérêts de travailleurs soient respectés.

Des millions d’employés et d’ouvriers, ceux-là même que l’on disait en voie de disparition, sont indispensables à la vie sociale et on leur doit la sécurité maximum. Mais les postiers n’ont pas à risquer leur santé et celle de leur famille pour distribuer des catalogues Damart ou Décathlon. Les manutentionnaires d’Amazon n’ont pas à mettre leur vie en danger pour livrer des chaussures ou des DVD. Et les ouvriers de l’automobile n’ont pas à sacrifier leur peau pour que leur entreprise prenne une longueur d’avance sur ses concurrents !

Macron nous demande du civisme, de la solidarité et des efforts pour la « nation ». Mais par « nation », il entend les actionnaires et la bourgeoisie. Car si le gouvernement a autorisé les entreprises à ne plus payer leurs loyers et leurs impôts, il ne l’a pas fait pour les travailleurs qui ne le peuvent plus. S’il veille à ce que les entreprises ne subissent pas de chute de trésorerie, il a acté la perte de 16 % du salaire net pour des millions de salariés au chômage technique.

Sous couvert d’union nationale contre le virus, l’exploitation et la lutte de classe continuent. Et à côté de la sacro-sainte propriété privée et de la recherche de profits, la vie des travailleurs ne pèse pas lourd. Alors, il faut que les travailleurs se souviennent des mots d’Anatole France au lendemain de la Première Guerre mondiale : « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels ». Si nous ne voulons pas que cela se reproduise, il va falloir nous battre pour sauver notre peau en contestant tout l’ordre social bourgeois

LA SANTE DES TRAVAILLEURS NE DOIT PAS SE JOUER A LA ROULETTE RUSSE !

Avec le sinistre décompte du nombre de décès et de malades, chacun d'entre nous mesure la gravité de cette épidémie et l'enjeu à respecter les mesures de confinement pour se protéger et protéger les autres.

Cela nécessite des sacrifices, surtout pour les familles ouvrières. Mais le pire est de voir toutes ces précautions anéanties parce que patronat et gouvernement veulent que les affaires continuent.

Le week-end, les travailleurs sont sommés de se cloîtrer, ils sont regardés de travers quand ils se permettent de faire le tour du pâté de maisons avec leurs enfants. Et le lundi, ils doivent prendre les transports, franchir à plusieurs centaines les mêmes tourniquets et se confiner à 50, 100, 200 dans un atelier où ils se partageront les outils, les uns à côté des autres à Airbus, Amazon, La Redoute...

Le gouvernement met en danger la vie de millions d'ouvriers, d'employés, de techniciens et prend le risque d'affaiblir l'efficacité du confinement général. Pourquoi ? Uniquement pour assurer la continuité des profits de la bourgeoisie !

Parce que ce n'est pas en fabriquant des hélicoptères de combat, des paquebots de croisière ou du rouge-à-lèvres que nous allons combattre le virus ! Pénicaud a poussé les capitalistes du BTP à redémarrer. Si c'était pour lancer la construction d'hôpitaux de campagne, comme la Chine a su le faire, on comprendrait, mais ce n'est pas le cas !

Faire tourner les entreprises à l'heure où le personnel de santé supplie que nous respections un confinement strict est une décision criminelle. Et cela n'a rien d'inconscient, c'est volontaire et réfléchi : c'est un choix de classe. Depuis le début de l'épidémie, chaque décision gouvernementale est pesée, calculée en fonction des intérêts des capitalistes. Quant à la vie des travailleurs, elle ne compte que pour suer des profits !

Alors, il n'y a pas « d'union nationale » qui tienne ! Il faut que les travailleurs se défendent et refusent de servir plus longtemps de chair à profits pendant que les dirigeants et les actionnaires sont planqués à l'arrière. Il faut obtenir, collectivement, l'arrêt immédiat des entreprises non indispensables à la lutte contre l'épidémie et à la vie sociale.

Et il faut que tous les moyens possibles soient mis à la disposition de la lutte sanitaire. Nous payons aujourd'hui les fermetures d'hôpitaux, les suppressions de lits et de personnel de ces dernières décennies. Autour de 2011, le ministère de la Santé a décidé d'abandonner le stockage de masques pour économiser 60 malheureux millions d'euros par an ! On mesure combien toutes ces économies sont criminelles. Tout cela ne se rattrapera pas.

Mais cela fait plus de deux mois que l'on voit arriver la catastrophe et alors que Macron a mobilisé tout le pays pour mener la guerre sanitaire, les troupes médicales continuent de manquer de masques et de tests ! Les aides à domicile soignent des personnes à risques sans même savoir si elles ne sont pas elles-mêmes porteuses du virus. Que doivent-elles faire ? Croiser les doigts pour ne pas répandre l'épidémie ? Alors oui, le personnel de santé a courageusement répondu à l'appel. Mais il est envoyé au front dans des conditions révoltantes et le paye déjà par plusieurs morts.

Quant à la santé des caissières, des éboueurs, des électriciens, des camionneurs, des conducteurs de bus, des postiers... appelés à assurer les activités essentielles, le gouvernement s'en est moqué jusqu'à ce que les protestations et les droits de retrait se multiplient. Maintenant, il propose à leur employeur de leur verser une prime de 1000 €. Pour acheter leur santé et celle de leur famille ? C'est grossier !

Les travailleurs qui oeuvrent dans les domaines vitaux font la démonstration de leur conscience collective. Mais ils n'ont pas à accepter de jouer à la roulette russe avec leur vie ! À l'Assemblée nationale, les micros sont nettoyés après chaque intervenant par les huissiers... eh bien les petites mains indispensables à la vie sociale n'ont pas à être traitées moins bien que les députés et les sénateurs !

Et ceux qui ne travaillent pas n'ont pas à payer le confinement avec leurs journées de congés payés ou de RTT, comme le gouvernement veut le rendre possible avec l'état d'urgence sanitaire.

Cette crise sanitaire est un miroir grossissant des inégalités et du mépris de classe de notre société. Elle jette une lumière crue sur l'incurie de nos gouvernants et sur l'irresponsabilité de notre organisation sociale. Eh bien, faisons aussi en sorte qu'elle soit un électrochoc et qu'elle nourrisse la révolte contre cet ordre social conçu pour que quelques-uns s'enrichissent avec la peau de la grande majorité !

CORONAVIRUS: LES DEFIS D'UNE PANDEMIE, LA FAILLITE D'UNE ORGANISATION SOCIALE

Comme toute épidémie, celle du coronavirus est un défi lancé à la société. Mais elle révèle aussi l'irresponsabilité de notre organisation économique et sociale. Quant au mépris de classe, il suinte par tous les bouts.

Face à la catastrophe, le gouvernement a pris des mesures inédites en fermant crèches, écoles, collèges, lycées, facultés ainsi que tous les lieux de sociabilité. Et lundi soir, Macron a encore appelé à réduire les déplacements au nécessaire et à rester chez soi. Ces mesures sont compréhensibles.

Mais quand Macron déclare que la santé doit passer avant tout le reste, il y a de quoi être en colère. Depuis qu'il est au pouvoir, c'est la santé des profits et des banquiers qu'il a fait passer avant tout le reste, exactement comme l'avaient fait tous ses prédécesseurs. Et aujourd'hui, pour beaucoup, le mal est fait !

On le voit avec ce qui se passe à Mulhouse et à Colmar : les hôpitaux sont incapables d'encaisser le choc d'un trop grand afflux de malades. Ils remettent à plus tard des interventions importantes, renvoient des malades chez eux et font prendre de plus en plus de risques à leur personnel.

Et Macron ne peut pas dire qu'il ne savait pas car cela fait des mois que le personnel hospitalier tire la sonnette d'alarme. Cela fait des années que l'on déplore les déserts médicaux. Des années aussi que les chercheurs, y compris en virologie, dénoncent la baisse de leurs moyens. Aujourd'hui, la catastrophe est là.

Le personnel des hôpitaux est en première ligne. Nul doute que les ambulanciers, aides-soignantes, infirmières, médecins... feront leur maximum et travailleront jusqu'à l'épuisement. Mais ils n'ont jamais voulu jouer « les héros en blouse blanche ». Tout ce qu'ils demandent, ce sont des moyens matériels et humains qui n'arrivent toujours pas malgré la « mobilisation » !

En deux mois, qu'est-ce que le gouvernement a organisé, planifié pour fournir le système de santé en respirateurs, masques ou gel hydroalcoolique ? Il y a une semaine, Le Maire a fait un plan d'urgence pour les entreprises et les financiers. Où est celui susceptible de répondre aux besoins matériels et humains des hôpitaux ? Jusqu'à lundi, on fabriquait encore des voitures, des armes ou des cosmétiques, mais toujours pas de masques ni de gants en quantité suffisante !

Quant aux travailleurs, le gouvernement fait comme s'ils étaient résistants au coronavirus car les mesures de confinement drastiques ne s'imposent toujours pas aux entreprises non vitales.

Ce lundi, des millions d'ouvriers de l'industrie ou du bâtiment, des employés, des caissières ou des agents d'entretien ont dû aller au travail et combien le seront encore cette semaine ? Combien devront encore prendre les transports en commun ? Combien se retrouveront confinés à 100, 200, 500... dans des ateliers ou des grandes surfaces ? Et pour faire suer des profits aux travailleurs, aucun patron n'exige un mètre de distance ! Et ne parlons pas de nettoyer ou désinfecter les postes de travail !

On le vit tous les jours, mais cette épidémie le confirme : quand on fait partie des exploités, on n'est rien de plus que de la chair à profits !

Et comme toujours dans cette société, les plus riches auront bien plus les moyens de se protéger. Rester confinés dans leurs belles propriétés ne leur posera d'ailleurs pas de problème et ils n'auront pas le souci d'avoir leur compte bancaire à découvert.

Les salariés les plus précaires risquent, eux, de se retrouver dans une situation dramatique. Combien vont perdre les quelques heures de travail qui leur permettaient de vivre ? Combien vont devoir se battre pour faire respecter leur droit à garder leurs enfants et pour être indemnisés ?

Le Maire explique que les entreprises seront aidées, et pour ça, nous pouvons le croire. Mais il ne s'est pas engagé à ce que l'État compense la perte de salaire pour ceux qui, au chômage partiel, ne toucheront que 84 % du net. Eh bien, c'est ce mépris de classe qui provoquera tôt ou tard l'explosion sociale !

Aujourd'hui nous payons pour un système où les intérêts de la bourgeoisie passent toujours avant ceux des exploités et de la collectivité. Nous payons l'incurie de nos dirigeants aveuglés par les lois du marché, du profit et de la propriété. Eh bien, il ne faut plus que les travailleurs se laissent faire !

Les entreprises non indispensables doivent être fermées. Les emplois et l'intégralité des salaires, primes comprises, doivent être garantis à tous les travailleurs, y compris ceux en CDD ou en intérim ! Tous les moyens doivent être mobilisés pour les hôpitaux et la santé publique. Se protéger du coronavirus et éradiquer le virus du profit et de la rapacité patronale font partie du même combat.